La crise de 2007 : le "reset" de l'économie mondiale ?

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avec Arnaud PAUTET, agrégé d'histoire

Il est bien difficile de penser une crise dont nous ne sommes que partiellement extirpés, et pour plusieurs raisons. La première est que certains Etats en semblent guéris, notamment le « patient O », à savoir les Etats-Unis. La seconde est que l’on appelle « crise de 2007 » en réalité des crises juxtaposées, notamment en Europe : crise des marchés financiers à cause de la titrisation, crise bancaire nécessitant une nouvelle régulation de l’activité, crise du modèle social, crise des dettes souveraines, crise monétaire et déflation… La troisième est que cette crise ponctuelle est, et c’est une excellente chose, réinsérée par les spécialistes dans l’histoire longue des mutations du capitalisme : l’impossible rémission nous laisse à penser que les prévisions de Robert Gordon sur la « stagnation séculaire » sont justes, et que comme le pense Jérémy Rifkin, nous nous orientons vers une société du coût marginal 0 qui scelle « l’éclipse du capitalisme » et le renouveau des « communaux collaboratifs ». La dernière raison est que cette crise nous questionne sur la soutenabilité de notre modèle de croissance occidental, à l’heure d’un basculement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie orientale, aujourd’hui, l’Afrique, peut-être demain. La crise de 2007-2016 est aussi une crise écologique, qui repose la question d’une économie fondée sur l’avoir et non sur l’être, sur le désir de possession plus que sur l’impératif de la coopération. En ce sens, elle est une occasion unique de repenser le capitalisme.

Lieu: Le Collège Supérieur - 17 rue Mazagran - 69007 Lyon

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