Étienne Bimbenet : Un nouveau fétiche. Sur la place de l'animal aujourd'hui.

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Quelque chose a changé dans notre rapport aux animaux. La « cause animale » est à l’ordre du jour, et le vivant humain est désormais plus essentiellement animal qu’humain. Cela s’appelle un zoocentrisme : au centre de notre humanité, l’animalité.

En apparence, nous avons tout à gagner à cette nouvelle image de l’homme. Elle est un appel à réformer et à moraliser nos relations avec les animaux que nous exploitons : on respecte d’autant mieux qui nous ressemble. C’est à tous égards une pensée progressiste, car ouverte à la science, généreuse envers les animaux, et philosophiquement éclairée. Il se pourrait pourtant que ces raisons d’en finir avec la différence homme-animal ne soient qu’un ensemble de pensées bancales qui, entre oubli des sciences humaines, réduction de la vie humaine à sa seule vulnérabilité et déni de ce que nous vivons en première personne, composent finalement le portrait idéologique d’un progressisme stérile.

Pouvons-nous échapper au « complexe des trois singes », ces trois façons de méconnaître ce que nous vivons et faisons comme vivants humains ? Et pouvons-nous imaginer un progressisme de vérité conscient de tout ce que nous devons aux animaux sans pour autant renier ce que nous sommes ?

Étienne Bimbenet est professeur de philosophie contemporaine à l’université Bordeaux Montaigne. Il est notamment l’auteur de L’Animal que je ne suis plus (éd. Gallimard, 2011), de L’Invention du réalisme (éd. Cerf, 2015) et plus récemment du Complexe des trois singes. Essai sur l'animalité humaine (éd. Seuil, 2017) dont il nous parlera. 

 

Plein tarif : 9 € / étudiant : 5 €

Lieu: Le Collège Supérieur - 17 rue Mazagran - 69007 Lyon

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